Le chant de Siegfried
Sixième veillée du ménestrel
Sixième veillée du ménestrel
Sixième veillée du ménestrel
Venez, braves gens, venez.
Aujourd’hui, nous allons vivre une vraie tragédie. Une tragédie digne des antiques !
Vous vous souvenez de Hagen, le sage conseiller du roi Gunther, celui qui a été écarté par Siegfried le vaillant et le solaire ?
Hagen eut de l‘empathie pour Brunhilde. Et surtout une haine rancunière contre Siegfried.
Il alla voir Brunhilde.
— Ma reine, personne n‘a le droit de vous insulter de la sorte. Dîtes-moi vos ordres, je les exécuterai.
— Je veux la mort de Siegfried.
Hagen était rusé. Il savait que Siegfried était invulnérable après un combat contre le dragon. Mais Siegfried, dans son insouciance, n‘avait pas fait attention à qui il parlait de la feuille de chêne.
Hagen savait qu’il restait un endroit où il était vulnérable. Un seul, mais il ne savait pas où.
Son regard tomba sur la douce Kriemhild. Cette dernière, marchait la tête haute ces derniers jours. Il l‘avait toujours appréciée, conseillée, protégée. Elle méritait sûrement mieux que ce guerrier sans cervelle !
Le voilà qui arrive, tout essoufflé. Il est inquiet ! Très inquiet ! Inquiet pour Siegfried ! Il y a des comploteurs qui lui veulent du mal. Qui agissent dans les ombres. Qui s’approchent, le cercle se referme. Il ne sait pas qui s‘y trouve mais ils veulent le tuer ! Il faut agir vite !
Ils ont découvert où il était vulnérable !
Et lors de la prochaine chasse... ils allaient le tuer !
Kriemhild devint pâle. Elle allait l’empêcher d‘y aller !
Mais elle connaissait Siegfried ! Il n‘avait peur de rien ! Était intrépide ! Il irait malgré le danger !
Mais lui, Hagen, allait le protéger, le préserver contre les assassins. Cependant, elle devait l’aider. Pour le protéger au mieux, il lui fallait connaître l‘endroit exact. C’était le moyen le plus sûr de le maintenir en vie. Hagen allait s’en charger !
Kriemhild, soulagée, lui confit ce secret que Siegfried lui avait dévoilé pendant une nuit de tendresse.
Le jour venu, les hommes partirent à la chasse au sanglier.
Brunhilde les regarda partir de sa fenêtre. Le regard sombre.
Kriemhild les regarda partir de sa fenêtre. Le regard inquiet.
Quand les hommes revinrent le soir, ils étaient en deuil.
Brunhilde, à sa fenêtre, eut son regard qui s‘apaisa. Elle trouva sa paix.
Kriemhild, à sa fenêtre, eut le regard qui s‘assombrit, le cœur qui devint noir. Elle n’était pas naïve, elle ne l’était plus. Et elle ne fut plus jamais la douce Kriemhild de sa jeunesse. Elle nourrissait son chagrin et sa vengeance.
Kriemhild la noire.
Mais ça, c’est une toute autre histoire.
La mienne est terminée.
© Ecorce & Plume - Elena Sylvestre – Tous droits réservés, texte déposé.
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